Cube(s)

 

      Des briques multicolores posées sur des parcelles fraîchement retournées. Ce travail, né de la relation que peuvent entretenir habitat pavillonnaire et paysage nous place, non pas « dos au mur », mais « face aux murs ». Ces murs aveugles, parois opaques et crépies où tous les percements ont été obstrués forment ces petits cubes répétitifs qui ne sont pas sans rappeler la célèbre marque de jeux pour enfants « Lego », à laquelle la série fait directement allusion.

 

     La cellule architecturale édifiée selon un modèle unique devient ici une véritable cellule d’où l’on ne sort et l’on ne rentre plus: "une maison close" au sens propre. Ainsi, par une légère manipulation de l’image, Olivier Nord transforme ces agrégats pavillonnaires en un motif plastique dont les touches de couleurs vibrent sur ces paysages, généralement situés à proximité des grandes villes. Ce geste qui tient autant de l’amusement que de la provocation provoque le doute chez le spectateur avant que celui-ci ne réalise le stratagème.

 

     Une façon pour l’artiste de travailler sur une esthétisation de la banalité pour ces territoires où se concentrent appauvrissement architectural, désir d’accession à un jardin privatif, habitat lié aux déplacements automobiles, prêts et coûts de constructions accessibles, éloignement des centres villes,... enfin un concentré de notre société: de ses préoccupations et de ses travers.